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CP - Canicules : le logement et le quartier deviennent les premières lignes de front des inégalités climatiques


5ᵉ vague de l’Observatoire des usages et représentations des territoires de L’ObSoCo Paris, le 28 mai 2026 — Alors que la France traverse une vague de chaleur exceptionnelle – qui atteint son paroxysme ce jeudi 28 mai –, une nouvelle étude de L’ObSoCo, menée avec Grand Paris Aménagement auprès de 4 000 Français, montre que les canicules révèlent de profondes inégalités d’adaptation. Qualité thermique du logement, densité urbaine, niveau de revenus, accès aux espaces verts : la capacité à supporter les fortes chaleurs dépend de plus en plus du lieu où l’on vit et des moyens dont on dispose.
Mise à jour le 01/06/2026
Le changement climatique : une réalité ici et maintenant
Le climat devient un sujet de vie quotidienne : il touche le logement, la santé, le budget des ménages et l’attractivité des territoires. 83 % des Français se disent préoccupés par la situation environnementale et 42 % estiment qu’il est urgent d’agir
Trois inquiétudes dominent : l’intensification des épisodes climatiques extrêmes, citée par 47 % des répondants ; la diminution des ressources en eau potable, citée par 46 % ; et la perte de biodiversité, citée par 34 %.
Cette inquiétude s’ancre dans les territoires. 60 % des Français se disent préoccupés par la dégradation de la biodiversité là où ils vivent, un niveau qui atteint 65 % en Île-de- France. Dans la région, 66 % des Franciliens se disent inquiets, voire très inquiets, des conséquences du changement climatique sur leur qualité de vie.
Les effets sont déjà sensibles dans le quotidien : 45 % des Français déclarent avoir observé des changements là où ils vivent sur la qualité de l’air, notamment en matière de pollution et de pollens. Et pour 48 % des sondés, le changement climatique a déjà un impact négatif sur leur pouvoir d’achat, à travers les assurances, l’énergie, les frais de santé ou encore l’alimentation.
Face aux canicules, le logement reste un refuge, très inégal
L’étude montre que le logement demeure la première protection face aux fortes chaleurs, mais que cette protection varie fortement selon les territoires et les revenus. La canicule révèle donc une nouvelle fracture résidentielle : selon l’endroit où l’on vit, la qualité thermique du logement et le niveau de revenu, l’exposition au risque n’est pas la même.
68 % des Français déclarent que leur logement leur permet de bien supporter les épisodes de canicule, tandis. que 28 % estiment le contraire.
Cette vulnérabilité est beaucoup plus marquée dans les zones denses : 37 % des habitants des espaces urbains denses jugent leur logement mal adapté aux fortes chaleurs, contre 27 % dans le dense intermédiaire et 15 % dans les territoires ruraux autonomes.
Elle est aussi fortement sociale. Les logements sont jugés mal adaptés aux canicules par 38 % des ménages gagnant moins de 1 000 euros par mois, par 33 % de ceux gagnant entre 1 000 et 1 500 euros, contre 21 % des ménages gagnant plus de 2 500 euros.
L’Île-de-France apparaît comme l’un des territoires les plus exposés : 35 % des Franciliens estiment que leur logement est mal adapté aux canicules estivales, contre 28 % des Français en moyenne et 16 % en Bretagne. Plus révélateur encore, 24 % des Franciliens déclarent quitter ou éviter leur logement pendant les épisodes de canicule, contre 16 % des Français en moyenne.
L’inadaptation semble par ailleurs progresser : la part des Français estimant que leur logement est mal adapté atteint 26 %, soit 5 points de plus qu’en 2023. À l’inverse, la part de ceux qui le jugent adapté recule à 74 %, soit 5 points de moins qu’en 2023.
L'adaptation doit désormais se penser à l'échelle du quartier : nature, fraîcheur, espaces publics et qualité de vie
L'étude montre que l'adaptation climatique ne peut pas reposer uniquement sur le logement. Elle se joue aussi à l'échelle du quartier : accès à la nature, présence d'espaces verts, îlots de fraîcheur, qualité de l'air, ombrage, proximité des services et capacité à se déplacer sans surexposition à la chaleur.
Pour les Français, préserver la nature et la biodiversité a un impact positif concret sur la santé mentale et le bien-être, pour 65% des répondants ; sur la santé physique, pour 61% ; et sur la qualité de l'air et de l'eau, pour 71%.
Ce que les Français apprécient le plus dans leur logement correspond souvent à ce que les territoires urbains denses offrent le moins facilement : un espace extérieur, des espaces verts, une surface suffisante, de la luminosité, mais aussi la proximité des commerces, services et équipements.
Deux leviers ressortent particulièrement dans la satisfaction résidentielle : la taille du logement et sa qualité thermique. Or 38 % de la population se dit insatisfaite de la qualité technique de son logement, soit 4 points de plus qu’en 2023, notamment sur l’isolation phonique et thermique.
Au-delà du confort, l’étude souligne un autre désajustement : un Français sur quatre n’habite pas à la bonne échelle. 14 % vivent dans un logement suroccupé, 12 % dans un logement sous-occupé, tandis que 71 % estiment que leur logement correspond à leurs besoins. En Île-de-France, la tension est plus forte encore : 20 % des Franciliens vivent dans un logement suroccupé.
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